Wall-E d'Andrew Stanton - 2008

Les passages du film dont il sera question :

Nous étudierons ensuite la maison connectée, la domotique est un précepte que l’on retrouve de différentes manières dans la fiction. Ici, nous traiterons donc de l’intelligence artificielle liée à l’habitat au travers du long métrage d’Andrew Stanton datant de 2008 : Wall-E. Film d’animation, Wall-E raconte les aventures du dernier robot présent sur terre, Wall-E, dans un futur post-apocalyptique où les humains ont fui une terre polluée. Après plusieurs mésaventures, Wall-E se retrouve sur le vaisseau où logent aujourd’hui les humains contrôlés par l’entreprise BnL.

Sans parler de Wall-E et Eve qui sont des robots personnifiés avec des comportements humains, des émotions et qui tombent amoureux. Le film dépeint une société humaine contrôlée entièrement par la technologie. Les Hommes sont entièrement dépendants du système. Iincapables de marcher, ils se déplacent dans des fauteuils. C’est d’autant plus flagrant lorsqu’un des hommes tombe de sa chaise et sans aide technologique se retrouve incapable de se relever, c’est Wall-E, qui doit l’aider à cette tâche pourtant simple. L’humain est déshumanisé, complétement contrôlé par l’intelligence artificielle mise en place par BnL qui prend les décisions pour eux. Les Hommes sont tous les mêmes, comme « fabriqués en série », portant les mêmes combinaisons, la mode étant gérée par l’IA.

En effet, le vaisseau est piloté par un capitaine mais avec l’aide d’un pilote automatique nommé AUTO. Le capitaine pense diriger son vaisseau mais c’est AUTO qui gère réellement l’intégralité de l’habitacle des humains, le capitaine étant réduit, lui aussi, à ne plus savoir marcher. On voit très clairement en AUTO, une référence à HAL de 2001 l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick. Plusieurs fois dans Wall-E, Stanton dissémine des clins d’œil au long métrage de Kubrick, il reprend, lorsqu’enfin le capitaine reprend le dessus sur la machine, comme peut le faire Bowman lorsqu’il désactive Hal, la très célèbre musique : Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss.

Pour en revenir à AUTO, il décide de prendre le contrôle au détriment des commandements du capitaine, il se rebelle face à l’homme. Lui, qui déjà, régulait la vie de ce vaisseau. Et c’est seulement une fois que le capitaine réapprend à marcher et donc à récupérer la capacité qui fait de lui un Homme et non un animal qu’il arrive à se rebeller contre cette machine. En voulant augmenter au maximum leur confort, en supprimant tous leurs problèmes et en automatisant chacun des gestes de leur quotidien, les Hommes avaient perdu l’entièreté de leur humanité. Ainsi le contrôle complet de leur habitacle par des machines a fini par donner à celle-ci le contrôle de leur humanité. L’intelligence artificielle sert toujours l’humain au départ, mais à outrance, elle peut finir par prendre le dessus et lui retirer son humanité puisqu’elle agit toujours sans idéal moral et par rationalité manichéenne. L’intelligence artificielle ressent, dans Wall-E et beaucoup d’autres œuvres de fiction, l’humanité s’autodétruire et donc elle protège l’humain quitte à le blesser et c’est d’autant plus facile lorsqu’elle a accès à l’habitacle même de l’humain. C’est ce que tends à créer la domotique, une IA capable de gérer elle-même la vie humaine.

Il est donc possible de se poser la question d’une réglementation de la domotique et de la robotique en règle générale, si, dans la fiction certaines lois sont mises en place, comme les trois lois de la robotique d’Isaac Asimov :

  • un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, en restant passif, permettre qu'un être humain soit exposé au danger ;
  • un robot doit obéir aux ordres qui lui sont donnés par un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi ;
  • un robot doit protéger son existence tant que cette protection n'entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.

Il n’y a aujourd’hui pas de lois claires encadrant la robotique, et plus précisément la domotique.

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